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Crédits

Programme 1998-1999

Affiche Magdaléna

Magdalena

Une aventure musicale
Musique : Heitor Villa-Lobos
Livret : Robert Wright et Georges Forrest

Une création en Europe par
les solistes, le choeur et l'orchestre d'Ecume
et
un choeur d'enfants du Conservatoire National de Region de Montpellier

Magdaléna, une grande fresque épique

"Magdalena" fut composé dans l'après-guerre et représenté pour la première fois en 1947. Les auteurs ne l'ont qualifié ni d'opéra, ni de comédie musicale mais d'aventure musicale. L'intrigue cependant s'apparente, dans sa légereté, aux deux dernières catégories. Comme il se doit, il y a les deux amoureux (Maria et Pedro) dont l'union est posée d'emblée comme horizon problématique, et les deux méchants (Carabania et Teresa), parfois sympathiques, dont on peut se moquer sans gène et attendre la chute ou la disparition.

L'action se passe en deux endroits, en Colombie et à Paris. Maria et Pedro sont tous deux des indiens Muzos vivants en Colombie, à Puerto Llonda, sur les berges du fleuve Magdalena et sous l'autorité du général Carabania qui, lui, préfére vivre à Paris auprès de l'incomparable Teresa, cuisinière hors pair et tenancière du cafe À la petite souris grise. Les Muzos, qui exploitent les mines d'émeraudes pour le compte du général Carabania, se mettent en grève. Carabania, accompagné de Tereza, à qui il a promis une rivière d'émeraudes, retourne en Colombie où tout finira bien.

Dans l'esprit des commanditaires américains (Messieurs Wright et Forrest), Magdalena se devait d'être, avant tout, un divertissement où l'exotisme devait plonger le spectateur dans un monde fait de fantaisie et de consonances sud-américaines. La résolution de la pièce fait appel, bien sûr, au happy end si cher à de nombreuses productions de Broadway ou de Hollywood. Et pourtant...

La trajectoire de Pedro est étonnante au début de 1'œuvre, c'est un athée progressiste qui ensuite pousse son peuple à la révolte et qui enfin, dans un revirement saisissant, finit par se convenir et rentre dans le rang grâce, semhle-t-il, à l'amour de Maria et à sa foi. C'est un miracle : celui de lamour, de sa puissance et de sa naiveté.

Rappelez-vous : nous sommes aux Etats-Unis en 1947. Les idéologies s'affrontent, le monde est globalement partagé en deux, la guerre froide s'enclenche et Mac Carthy fourbit ses armes... Le tiers-monde n'existe pas encore vraiment. Et pourtant, étrangement, tout est lié, posé. Une civilisation ancienne et, paienne en voie de disparition, aspirée par l'évangélisation, et un peuple exploité par un potentat régional. Perte d'identification : on s'est déjà révolté pour moins que ça !

Mais l'heure est à l'amour, après la guerre. La seule ressource pour les exploités est de vaincre les exploiteurs à coups d'amour... Pauvres exploiteurs !

Le public préfére la naïveté à la réalité. Le public de l'époque ne savait rien ou peu de choses des misères du monde. Il ne fallait en tout cas pas leur mettre des choses inconvenantes dans la tête. D'où, sans doute, cette fin étonnante où Carabania est tué par Teresa, victime de son énorme appétit. Les monstres se dévorent entre eux. Divine providence ou prémonition des temps à venir ?

Pedro, quant à lui échappe à un attentat cornmandité par Carabania avant sa mort. Maria croit à l'intervention de la Vierge, Pedro, à sa force vitale mais par amour (?) il s'incline... devant la Vierge. Tout rentre dans l'ordre... mais l'ordre de quoi ?

Nous en savons aujourd'hui un peu plus de la complexité des choses. Mais puisqu'il s'agissait de naïveté feinte ou réelle, affirmons-la. Les décors et les costumes décriront un monde de carton peint aux couleurs vives. D'autant que cette représentation du monde se retrouve dans les pays les plus pauvres où dans l'implacable dureté quotidienne, l'esthétique ne s'embarrasse pas de concepts artistiques qui lui sont étrangers mais tente de peindre un univers qui nous semble encore enchanté par l'enfance du monde. Leur richesse, c'est de la couleur pleine et franche. La nature, parfois hostile, qui les entoure n'en est pas avare, que ce soit en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud.

La foule des Indiens, bigarrée et tumultueuse comme le fleuve, nous raconte l'histoire qui leur est arrivée, il y a longtemps déjà et dont le sens ne sest pas encore épuisé. Car qui avait raison : Pedro ou Maria ?

C'est sous leurs yeux médusés que Carabania meurt de gloutonnerie grâce à la maléfique Teresa, furieuse d'être abandonnée au profit de Maria. Profit ou amour ? Passion dévorante mais pour les pierres, pour ces émeraudes promises qui, extraites de la terre, semblent se venger de leur propriétraire.

S'il y a an Alléluia à la fin, chanté par les Indiens, il le sera dans un environnement noir car Carabanai et Teresa ont englouti les couleurs et la lumière. La mort même de Carabania résout-elle quelque chose ? Soyons sûrs que les vainqueurs ne sont pas les Indiens mais que leur pays si riche, dans tous les sens du terme, trouvera un autre protecteur. Les Indiens tentent simplement de garder au fond de leurs poches des émeraudes reflétant la jeunesse de l'amour d'un paradis perdu où à refonder. Plus tard, peut-être.

Mais rassurez-vous, les Indiens sont faux (vous en connaissez peut-être l'un ou l'autre), le décor est en carton, l'histoire n'a jamais vraiment existé et la musique vous emporte : c'est la magie de " L'indien Blanc " qui devrait opérer, celle de Villa-Lobos.

Béla Czuppon


L'indien blanc Heitor Villa-Lobos (1887 1959)

Heitor Villa-Lobos, compositeur Brésilien du XX° siècle au parcours atypique, est une des personnalités musicales les plus attachantes du continent sud-américain, auteur fécond - on dénombre à l'heure actuelle plus de 1 100 opus - mais aussi ethnomusicologue avant la lettre, et pédagogue enthousiaste et entreprenant.

Son éducation musicale fut classique par son père, et populaire par sa fréquentation des seresteiros (musiciens des rues Bresiliennes). Dès l'age de 16 ans, il les rejoint, et parcourt avec eux le pays en s'imprégnant des différents modes d'expression des multiples groupes ethniques qui le composent.
Au retour d'un de ses nombreux voyages, il décide d'étudier l'ecriture musicale à l'Institut National de Musique de Rio de Janeiro. Il n'y restera que quelques mois, étant farouchement opposé aux règles strictes d'écriture qui lui sont enseignées. Il accumule cependant les compositions pendant toute cette période.

Sa personnalité dérange beaucoup le milieu conservateur musical, mais attire également l'attention de quelques musiciens remarquables parmi lesquels Darius Milhaud et Arthur Rubinstein, qui lui apportèrent son soutien inconditionnel.

Tout comme Kodaly, compositeur hongrois du XX° siècle, il entreprend une vaste réforme d'éducation populaire de la musique, en s'appuyant (d'une part sur le chant choral comme mode d'accès privilègié à la musique, et d'autre part, sur les divers matériaux musicaux quil a recoeillis au fil de ses voyages dans son pays. Il organise alors d'immenses rassemblements choraux dans les stades de Rio: 30 000 participants !!
Grâce à ses actions, il rend obligatoires la pédagogie et la pratique du chant choral dans les écoles. (Ecume se devait de le rencontrer...).

La direction do Conservatoire de canto orfeonico (conservatoire de chant choral scolaire) lui est confiée. Ainsi le musicien anticonformiste, l'antiacademique, se voit chargé de la mise en place d'une formation professionnelle des professeurs de musique et de chant choral pour tous les types d'enseignement du Brésil.

Sa constante volonté de développer les echanges entre les cultures mobilise le compositeur dont la carrière va, jusqu'à sa mort, se partager entre le Bresil, la France, puis les Etats-Unis,
Son oeuvre immense garde déliberement l'empreinte des diverses musiques de son pays. Mais il est aussi le reflet du monde occidental, influencé en particulier par un certain Jean-Sebastien Bach... A qui, Villa-Lobos vouait une admiration exceptionnelle.
Dans Magdalena, Villa-Lobos glisse des thèmes mythiques de l'Amerique Latine: la forêt aux arbres chantants, l'oiseau Terru, symbole de présage heureux, le fleuve immense, source de toute vie.
Certains motifs mélodiques sont des reproductions authentiques de thèmes amérindiens. Quelques melodies sont empruntées à certains autres de ses ouvrages, mais totalement réorchestrées pour Magdalena. Les lignes musicales sont simples, dépouillées, d'une accessibilité immédiate.

Un orchestre chatoyant, aux harmonies très ouvertes et colorées, un choeur omnipresent, participant grandement à la richesse de l'échafaudage musical, une rythmique souvent d'une diabolique complexité, donnent à Magdalena une verve musicale étourdissante.

Sylvie Golgevit


Directeur Musical: Jean-Louis Forestier
Metteur en Scene: Béla Czuppon
Responsable pédagogique et musical, Chef de choeur d'Ecume: Sylvie Golgevit
Chef de chant: Elène Golgevit
Chef de Choeur enfants: Claire Garrone
Pianistes accompagnarrices: Stéphanic Carrère Christelle Chambourdon
Travail corporel: Yann Lheureux, Isabelle Richez
Travail vocal choriste: Philippe Laboual / Léo Richomme
Décoratrice: Marie-Christine Scaglia
Cosiumière: Pascaline Duron
Conception Lumière: Maurice Fouilhe
Régie de plateau: Maryse Ritter assistée de Mireille Jouve
Habilleuses: Marie Sol/Elisabeth Twardowski/Aude Pauper
Assistants en direction chorale:
       Choeur dEcume: Magali Biau/Anne Lesure/Isabelle Robillard/Herve Rauch
       Chceur d'enfants du C.N.R Isabelle Robillard/Magali Anne Prouhe
Assistanre stagiaire mise en scène: Claire Desola
Assisiante couture: Maryline Blasco
Assistante stagiaire couture: Claire Geniez, Valerie Tron
Réalisation des décors : étudiants de deuxième année de l'Ecole Supérieure des Métiers
techniques du spectacle SCAENICA
Maquillage et coiffure : par les étudiants de l'Ecole Giorgifont.

Distribution
Maria - Marie Carbonel (soprano)
Tereaa - Marylin Blasco (soprano)
Pedro - Arnaud Lanez (tenor)
General Carabania - Christian Paul (barvton)
Padre Jose - Laurent Serou (haryton)
The Old One / Ramon - Benoit Vuillon (tenor)
Solis - Hermine Leherle (soprano)
Zoggie - Samuel Oddos (tenor)
Major Blanco - Oliver Strauss (basse)

Les passagers
Sylvain Badie, Sabine Bergua, Laurent Boiteau, Frédéric Caussy, Cécile Fagnot, François-Paul Monnet, Raphael Reynalter, Christelle Sergio.
Cigarette girl: Ségolène Breugnot
Sommelier: Raphael Reynalter
Girls du Général: Sabine Bergua, Elodie Cambou, Candice Danichert, Céile Fagnot, Claire Geniez, Lucile Magnan, Isabelle Robillard.
Las Chicas: Juliette Chanot, Amélia Houmaïri, Sarah Houmaïri

Manuel - Hadrien Roche (rôle parlé)
Conchita - Angélique Escandell (rôle parlé)
Joan - Laurent Boiteau (rôle parlé)
et Denis Allemand, Jérôme Bringer, Guilène Bonnet, Frédéric Caussy; Laurent Cros, Hossein Hauler, Alexandra Lalonde, Estelle Matifat, Valérie Tron.

Régies

Régie Choeur: Laurent Cros, Laurent juanole
Régie solistes: Jenny Brasebin
Régie Orchestre: Isabelle Flumian, Savine Sourice
Régie Choeur d'enfants: Isabelie Robillard

Choeur d'Ecume

Soprani : Ségolène Breugnot,. Elodie Cambou, Candice Darnichert, Audrey Deloffre, Bénédicte Devos, Marion Dumoulin, Angélique Escandelle,. Sophie Garrone, Clarie Geniez, Genevieve Lacombe, Anne Lesure, Sandrine Liotard, Lucile Magnan, Estelle Matifat, Nadine Pradeau, Isabelle Rohillard, Christelle Sergio, Cécile Teytaud.

Alti : Stéphanie Accarias, Marie-Pierre Baptista, Nathalie Bénézech, Sabine Bergua, Marie Berthet, Guilaine Bonnet, Elisaheth Bousquet, Jenny Brasehin, Valérie Chalies, Catherine Charpentier, Emmanuelle Demaille, Cécile Fagnot, Cathy Ferrari, Isabelle Flumian, Farhat Haider, Alexandra Lalonde, Soizick Martin, Venita Martineau, Dany Rambaud, Valérie Tron.

Tenors : Frédéric Caussy, Laurent Cros, Jean Malgoire, Frangois-Paul Monnet, Pierre-Jean Spennato. Patrick Teulier.

Barytons : Daniel Allix, Emmanuel Arnaud, Sylvain Badie, Jêrome Bringer, Hossein Haider, Yves Hamon, David Hudry, Laurent Juanole, Cedric Laronche, Raphaël Reinalter, Paul Sauvage, Guillaume Verin

Basses : Denis Allemands, Jean-Marc Bancelin, Laurent Boiteau, Hervé Rauch, Hadrien Roche

Instrumentistes

Violon: Paul Linger, Sébastien Castano, Eliette Gallet, Vanessa Cahuzac, Emelyne Chirol, Marie-Laure Gauvin, Ingo Wagner
Alto: Julien Gisclard, Françoise Boulliard
Viohmcelle: Marie Gisclard, Daphné Illaire, Marianne Canolle
Contrebasse: Savine Sourice, Sophie Méjean
Harpe: Gabrielle Herbert
Flûte: Gildas Kettanjian
Hautbois: Jean-Christophe Leblanc, Alain Feral
Clarinette: Emmanuelle Maggiorino
Saxophone: Vincent Galas
Trompette: Yves Gaudin
Trombone: Yves Azema, Christophe Castel
Tuba: Philippe Robert
Percussions: Lina Mercier, Benjamin Lichtenstein
Piano: Stéphanie Carrère, Christelle Chambourdon

Classes de formation musicale de Claire Garonne et Bernard Maurin : Julien Beltran, Juliette Chanot, Cléo Deboszamore. Estelle Douay, Floriane Gally, Amélia Houmaïri, Sarah Houmaïri, Lisa Kaplanski, Marion Kaplanski, Genevieve Lavigne, Yvonnick Le Fustec, Mariette Malwe, Emilie Moreno, Maxime Prange, Léa Yeche.


Avec le soutien de


Le Ministère de l'Education Nationale, de la Recherche et de la Technologie
Le Ministère de la Culture et de la Communication
Delegation au developpement et à l'action territoriale
La Direction Régiona1e des Afffaires Culturelles
Le Conseil Généra1 de 1'Hérau1t
L'Association Departementale Danse et Musique en Hérault
Pôle Universitaire Européen de Montpellier et du Languedoc-Roussillon
L'Université Montpellier I
L'Université Montpellier II
L'Université Paul Valéry
La Ville de Montpellier
L'Association de Gestion des Opéras de Montpellier
Avec le partenariat de
Le Musée Villa-Lobos de Rio de Janeiro
Radio France Hérault
Cart'Com