LOST IN THE STARS, perdu dans les étoiIes
L'action se déroule en Afrique du sud à l'époque de l'apartheid.
Deux mondes sont en présence, celui des Blancs, celui des Noirs, avec leurs peurs, leurs passions, leurs drames, leurs espoirs. De la douceur des collines d'Ixopo, à l'enfer des bidonvilles de Johannesburg, l'umfundisi Stephen Kumalo nous entraîne sur les pas de son fils Absalom.
La recherche devient au fil des événements et des rencontres une réelle quête initiatique.
Dernière oeuvre de Kurt Weill, ecrite un an avant sa mort, elle délivre au final L'espoir d'une coéxistence possible entre Blancs et Noirs, au delà même des inégalités. et des crimes.
Les rôles chantés principaux sont au nombre de quatre. II s'agit d'un récitant, le leader, d'un pasteur noir, Stephen, de la compagne du fils du pasteur, Irina et d'une " femme de mauvaise vie ", Linda.
L'évolution dramatique fait alterner songs et scènes parlées où se cotoient chanteurs et comédiens.
Le choeur, entité importante de l'ouvrage, est divisé quelques fois en double chur : choeur blanc,
choeur noir.
L'orchestration a une saveur particuliére: absence de violons et présence des cordes graves seulement, des bois, une trompette, de nombreuses percussions, sans oublier un piano, une harpe et, à certains moments, un accordéon.
L'ecriture musicale emprunte certains accents à son époque berlinoise : le bref prélude instrumental, l'air de la soliste Irina " Trouble man " ou les choeurs de Fear et de Cry the beloved country. D'autres passages sont plus centrés sur la couleur de la musique améicaine.
Peu de temps avant sa mort, Kurt Weill avait déclaré " je pense qu'au-delà de l'avis des uns et des autres, on peut développer dans ce pays une comédie musicale qui obéirait à des régles dramatiques. On pourrait appeler cela opéa ou autrement. Peu importe. Mais en tout cas, on devrait un jour assister à une rupture entre cela et le théâtre musical purement commercial ".
LOST IN THE STARS
(perdu dons les étoiIes)
DE
KURT WEILL
EDITIONS RODGERS & HAMMERSTEIN
BUREAU D'AUTEURS ALMO
LIVRET
MAXWELL ANDERSON
D'APRES LE ROMAN
CRY THE BELOVED COUNTRY
DE
ALAN PATON
CREATION EN FRANCE EN 2001 A L'OPERA COMEDIE DE MONTPELLIER
SOLISTES, CHOEUR ET ORCHESTRE D'ECUME
Avec le soutien de
Direction RégionaIe des Affaires Culturelles Languedoc-Roussillon
CNOUS Centre National des oeuvres universitaires et scolaires
CROUS Montpellier
Conseil RégionaI Languedoc-RoussilIon
Conseil Général de l'Hérault
Ville de Montpellier
Université de Montpellier 1
Université de Montpellier 2
Université de Montpellier 3
Association de Gestion des Opéras de Montpellier
avec Ia participation technique de:
Orchestre National de Montpellier
Centre de Formation des Arts et Techniques du Spectacle Vivant
Ecole d'Esthétique Giorgifont
Lycée Jean Monnet


KURT WEILL, l'homme
Une existence bousculée par l'Histoire, fit de ce compositeur né en Allemagne et qui y vécut jusqu'en 1933, un des grands compositeurs américains du XX° siécle.
Sa collaboration fructueuse avec Bertold Brecht, en fit le créateur d'un genre nouveau : le Théâtre musical " populaire " ouvert à tous et chargé de critiques sociales.
L'Opéra de quatre sous et Grandeur et Décadence de la ville de Mahagonny. le hissent aux plus hauts sommets.
Son séjour à Paris, de 1933 à 1935, auréolé de ce succés lui permet d'étre accueilli avec enthousiasme, mais il ne se fixe pas cependant en France et continue sa route en direction des Etats-Unis.
Son integration dans le paysage musical des Etats-Unis fut assez rapide. Il arrive à point nommé pour insuffler une nouvetle vie au monde de Broadway.
L'OEUVRE
Pour lui, son itinéraire n'a pas changé de Berlin à Broadway. Il cherche toujours à s'adresser au public de son époque en utilisant des thémes qui le touchent, à caractère social. C'est ainsi, par exemple, qu'il évoque le pacifisme dans JohnyJohnson, les problémes de la corruption et de la tyrannie politique dans Knickerbocker Holiday.
Dans le " New York Times " du 5 janvier 1947, il précise " La forme de divertissement musical qui m'intéressa dés le début est une sorte de comédie musicale dramatique, une histoire simple, captivante, racontée dans une langue musicale, où les textes parlés et chantés sont tellement unis que le chant intervient tout naturellement au moment où l'émotian du mot parlé atteint le point où la musique doit prendre le relais. "
La seule forme d'art musical qui lui semble valable est le Théâtre Musical quel que soit l'appellation qui le caractérise.
" J'ai consacré ma vie à servir le théâtre et à le combiner avec une forme plus élevée de musique, de maniére à creéer un théâtre musical solide... "
The Musical Digest New York, 1946


" Lost in the Stars ", véritable trait d'union entre les Musiccals et l'Opéra, est composé pour Broadway en 1949 par Kurt WEILL, exilé aux Etats Unis aprés avoir fui le régime nazi qui en Europe hurle l'inégalité des races.
C'est Maxwell Anderson, le librettiste, qui lui propose de travailler à partir du roman d'Alan Paton " Cry the beloved country " (que l'auteur sud-africain vient d'écrire autour de Ia ségrégation raciale dans son pays), y pressentant le sujet idéal de l'oeuvre que tous deux espéraient trouver pour chanter l'unité de la race humaine.
Ce n'est donc que quatre ans aprés la fin de la Seconde Guerre mondiale, à l'orée de l'apartheid en Afrique du Sud et à la veille du maccarthysme qui achévera de ronger une Amérique encore profondément raciste, que naît cette " Tragédie Musicale ".
Kurt WEILL se laisse ainsi inspirer par la Tragédie Grecque, et axe partition et dramaturgie autour d'un choeur à Ia fois commentant et prenant part à l'action. Aussi, tout au long de la représentation, le choeur sera omnipresent, redessinant l'espace scénique au gré des situations ; le " leader " en sera le coryphée ou encore le conteur, faisant s'incarner les personnages-solistes qui s'en extraient. De simples éléments vestimentaires nous signifieront par leurs couleurs les mondes de chacun.
Ainsi vétus de blanc ou de noir, les différences extérieures s'affronteront tandis que l'expérience tragique et intérieure de la douleur les (ré)unira.
Didier KERSTEN